Controverses après le dernier championnat du monde des séniors

A peine le championnat du monde sénior terminé, marqué par la victoire de Ronnie O’Sullivan qui a remporté le trophée pour sa première participation, les organisateurs ont ont subi beaucoup de critiques de la part des fans, mais aussi de certaines stars du snooker.

Ronnie O'Sullivan vainqueur du World Senior Championship 2026

Le championnat du monde des séniors a connu pas mal de transformations au fil des années mais, alors qu’il ne cesse de prendre de l’importance, il est aussi sujet de plus de discussions.

Un changement des règles qui ne passe pas

Jusqu’à l’année dernière, tout joueur de plus de 40 ans était éligible pour participer à l’événement, même s’il jouait toujours dans le circuit professionnel, mais seulement s’il était classé au-delà de la 64e place.
Depuis l’an dernier, cette dernière limitation a été supprimée, raison pour laquelle on a vu la présence de Ronnie O’Sullivan, mais aussi Ali Carter et Stuart Bingham.
La pertinence de ce changement a divisé beaucoup les opinions.

Un forfait tardivement annoncé par les organisateurs

Mark Williams était prévu au programme, mais s’est retiré et a été remplacé par Nigel Bond.
En liaison avec ses sponsors, le triple champion du monde devait participer à un tournoi d’exhibition en Chine.
On ne peut pas soupçonner les organisateurs d’avoir volontairement tardé à annoncer ce changement, mais Williams a affirmé qu’il était contractuellement obligé d’assister à l’événement chinois.
On imagine que les fans qui avaient acheté des billets pour voir le gallois n’ont pas trop apprécié.

Un gros souci avec les tables

Au début, avec leur couverture blanche sur les bandes, les spectateurs ont semblé un peu déroutés, mais ont fini par s’y habituer au fur et à mesure du tournoi.
Plus polémique, cependant, était l’état des tables.
A leur décharge, les organisateurs avaient eu très peu de temps pour les installer puisque le World Snooker Tour avait réservé le Crucible jusqu’à mercredi 6 mai midi, alors que le tournoi débutait le jour-même.
On sait qu’une guéguerre oppose le président du World Senior Snooker, Jason Francis, et les responsables du snooker professionnel qu’il accuse de pratiques concurrentielles illégales et leur réclame de lui payer pas moins de 10 millions de livres.
En attendant, il est évident que Francis ne pouvait espérer une quelconque faveur de leur part. Ce n’était donc probablement pas la décision la plus sage de débuter le tournoi à cette date, avec si peu de temps pour tout préparer.

Pour rajouter à la polémique, un souci est survenu au 2e jour sur la table où jouaient Alfie Burden et Igor Figueiredo, la rendant inutilisable. Les deux joueurs ont dû poursuivre leur match dans la salle…d’entraînement. Une scène triste pour les deux joueurs, et encore plus pour le champion en titre Burden qui a perdu 4-0 : « Dire que je suis déçu serait un doux euphémisme, je ne me souviens pas m’être senti aussi mal après un match de toute ma vie ! », a écrit Burden.
Il a ajouté : « J’avais demandé de jouer mon match le lendemain matin, mais j’ai essuyé un refus catégorique ».
Francis a déclaré sur The Express : « J’ai écrit à Igor (Figueiredo) et Alfie (Burden) pour m’excuser de ne pas avoir pu leur fournir une table décente. Il nous était impossible de réparer instantanément la table et nous n’avions eu que cinq heures devant nous pour installer quatre tables (dont deux en salle d’entraînement).

Autres sujets à polémique

Au cours de la rencontre entre Nigel Bond et Craig Steadman, alors que les deux joueurs étaient à égalité 3-3 et qu’ils devaient terminer leur match sur la noire décisive, Bond a pris trop de temps pour jouer un coup de sécurité, dépassant alors les 30 secondes imparties, l’arbitre juge qu »il y a faute et accorde la manche, et donc le match à Steadman. Beaucoup de spectateurs semblaient outrés par cette décision, mais surtout par cette règle du chronométrage des tirs.
On peut être pour ou contre le chronométrage des tirs, c’est affaire de goût, mais on peut aussi ajuster cette règle dans certaines circonstances. Il faut avouer que c’était une façon assez burlesque pour Nigel Bond de perdre son match.

Une autre règle controversée était le choix de jouer sur la noire décisive en cas d’égalité 3-3 et non sur une manche complète.

La présence des grandes stars professionnelles

C’est le sujet le plus controversé et celui qui a entraîné le plus de critiques : la présence de joueurs (Ronnie O’Sullivan, Ali Carter et Stuart Bingham) toujours actifs dans le circuit professionnel et plutôt bien classés.
La question que l’on peut se poser est la suivante : est-ce que l’ensemble des joueurs de plus de 40 ans peuvent participer à un événement sénior, ou bien devrait-on le réserver uniquement à ceux qui n’ont plus beaucoup d’opportunités de succès sur le circuit principal ?
Neil Robertson a bien résumé la situation sur X, en écrivant : « L’esprit de l’événement était de donner aux joueurs qui sont en fin de carrière ou qui sont à la retraite une chance d’obtenir un revenu décent. Mais en même temps, le choix est difficile, car accueillir de grandes stars permet aussi d’amener des sponsors ».

Commercialement, il est évidemment extrêmement bénéfique d’avoir la présence de grandes stars. Les billets vendus et les audiences télévisées ont grandement bénéficié de la présence d’un Ronnie O’Sullivan notamment.
Mais sur le plan moral, c’est une autre histoire. D’autant qu’à la fin, donné largement favori avant le tournoi, c’est Ronnie O’Sullivan qui a remporté facilement le trophée.

Peut-être que l’implication de grands noms a permis de décrocher un bon contrat télévisé avec Channel 5 et profitera finalement aux autres joueurs plus âgés à long terme, au fur et à mesure de la saison ? Seul le temps le dira, mais alors que Ronnie O’Sullivan empochait la prime de 30.000 £ dimanche, laissant derrière lui Perry, Milkins, Peter Lines et Ken Doherty, cela semblait un peu étrange toutefois.

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