Ali Carter a signé dimanche soir, lors de la finale de l’English Open, l’un des plus beaux retours de sa carrière. Mené 5-3 par Mark Williams après la première session, l’Anglais a renversé le score pour s’imposer 9-6 au Brentwood Centre et décrocher le trophée Steve Davis. Une victoire à domicile, devant son public, qui permet surtout au « Captain » de renouer avec un titre classé après deux années d’attente.
À 47 ans, Ali Carter ajoute ainsi un septième titre de classement à son palmarès et empoche les 100.000 £ promis au vainqueur. Surtout, ce succès lui permet de faire un bond spectaculaire au classement mondial : il passe de la 25e à la 16e place, soit neuf positions gagnées.

Une finale longtemps à l’avantage de Mark Williams
Mark Williams avait pourtant parfaitement lancé la finale. Le Gallois a pris les commandes, profitant notamment de deux centuries de 136 et 132 points, pour rentrer aux vestiaires avec une avance de 5-3.
Mais Carter a complètement changé de visage dans la deuxième session. L’Anglais a remporté six des sept dernières manches, ne laissant qu’une seule frame à son adversaire. Une formidable réaction qui lui a permis de conclure sur le score de 9-6.
Cette capacité à revenir dans les rencontres aura été l’une des grandes caractéristiques de son tournoi.
Le parcours d’Ali Carter à l’English Open
Carter avait pourtant débuté la compétition en étant seulement tête de série n°21.
Son parcours jusqu’au titre :
- 1er tour : Ali Carter 4-1 Jackson Page
- 2e tour : Ali Carter 4-0 Robbie Williams
- 3e tour : Ali Carter 4-2 Gong Chenzhi
- Quarts de finale : Ali Carter 6-5 Zhou Yuelong
- Demi-finale : Ali Carter 6-2 Ding Junhui
- Finale : Ali Carter 9-6 Mark Williams
Un parcours particulièrement solide, avec notamment un quart de finale très disputé contre Zhou Yuelong, remporté 6-5. En demi-finale, Carter a ensuite dominé Ding Junhui 6-2 pour décrocher sa place en finale.
Le contraste est saisissant avec son élimination précoce au British Open quelques jours auparavant, où il avait été battu 4-3 par Thepchaiya Un-Nooh au deuxième tour. L’English Open ressemble donc à une véritable renaissance pour le joueur de Colchester.
Un septième titre classé, deux ans après le précédent
Ce sacre à Brentwood est le septième titre de classement de la carrière d’Ali Carter.
Son précédent succès remontait à la Championship League 2024/25. Avant cela, Carter avait notamment remporté les German Masters à deux reprises, le Welsh Open, les Shanghai Masters et le World Open.
Il avait également atteint à deux reprises la finale du Championnat du monde, en 2008 et 2012, s’inclinant à chaque fois face à Ronnie O’Sullivan. Il reste d’ailleurs l’un des rares joueurs à avoir signé un 147 au Crucible.
Avec ce nouveau trophée, Carter confirme donc une nouvelle fois qu’il reste capable de rivaliser avec les meilleurs malgré les années qui passent.
Une victoire d’autant plus forte après ses problèmes de santé
Le parcours du « Captain » prend une dimension particulière lorsqu’on se souvient de ses problèmes de santé.
Carter souffre de la maladie de Crohn, diagnostiquée en 2003. Dix ans plus tard, il a été confronté à un cancer des testicules, puis à une tumeur au poumon qui a nécessité de nouveaux traitements. Il a notamment subi une chimiothérapie avant de retrouver la compétition en 2014.
Ces problèmes ont laissé des traces importantes. Carter a récemment expliqué que ces épreuves avaient notamment affecté sa mémoire, au point de ne plus se souvenir clairement de certains moments majeurs de sa carrière, notamment ses deux finales mondiales ou son 147 réalisé au Crucible en 2008.
Voir aujourd’hui le joueur anglais soulever un nouveau trophée classé, à 47 ans, constitue donc bien davantage qu’une simple ligne supplémentaire sur son palmarès.
Mark Williams, 51 ans et toujours parmi les meilleurs
S’il fallait un autre symbole de la longévité exceptionnelle de cette génération, Mark Williams en est probablement l’un des meilleurs exemples.
À 51 ans, le Gallois a atteint la finale après une demi-finale complètement folle contre Shaun Murphy. Mené 5-1, Williams a remporté cinq manches consécutives pour finalement s’imposer 6-5. Une remontée qui lui a offert sa 70e demi-finale dans un tournoi classé.
Le triple champion du monde continue ainsi de défier le temps. Williams a déjà remporté 27 titres de classement au cours de sa carrière et détient le record du plus vieux vainqueur d’un tournoi classé grâce à son succès au Xi’an Grand Prix 2025, à l’âge de 50 ans.
Même battu en finale, son parcours à l’English Open confirme que les vieux briscards de la « Classe 92 » ont encore de très beaux restes.
Carter retrouve le top 16
La victoire de Brentwood a également une conséquence majeure au classement mondial.
Ali Carter gagne neuf places et passe de la 25e à la 16e position mondiale. Avec les 100.000 £ remportées dimanche, il retrouve ainsi le top 16 et améliore considérablement sa situation pour les prochains grands rendez-vous du circuit.
Mark Williams profite lui aussi de son excellent parcours : il gagne une place et monte au 8e rang mondial, juste devant Kyren Wilson.
Cette remontée de Carter est particulièrement intéressante car le top 16 constitue une position stratégique sur le circuit : dans plusieurs tournois à tableau hiérarchisé, les meilleurs joueurs sont directement qualifiés pour le tableau principal tandis que les autres doivent passer par les qualifications. Le fonctionnement est notamment visible sur des épreuves comme le China Open ou le Championnat du monde.
Après plusieurs mois plus compliqués, Carter se replace donc au cœur du peloton de tête.
Une victoire qui relance le « Captain »
À Brentwood, Ali Carter n’a pas seulement remporté l’English Open.
Il a remporté un titre classé, est remonté dans le top 16 mondial, a battu plusieurs bons joueurs et démontré une nouvelle fois cette capacité à ne jamais abandonner.
Mené 5-3 en finale, il a terminé la soirée en remportant six des sept dernières manches.
À 47 ans, après les problèmes de santé qui ont marqué sa carrière, Ali Carter s’offre donc une victoire particulièrement symbolique : celle d’un joueur qui refuse de disparaître et qui, une nouvelle fois, revient au premier plan.
