Les prémices d’une domination chinoise dans le snooker mondial ?

En remportant les deux trophées majeurs deux années consécutives, les joueurs chinois semblent dessiner une nouvelle ère pour le snooker mondial.

Le réveil de la Chine au snooker

Depuis sa naissance à la fin du XIXe siècle, le snooker a toujours été largement dominé par les joueurs britanniques.
Ce n’est que vers le début des années 2000 que la Chine a commencé à émerger au plus haut niveau du snooker mondial, le véritable « réveil » médiatique et sportif dans ce pays a commencé en 2005 avec la victoire de Ding Junhui à l’Open de Chine, puis à l’UK Championship.
A partir de ce moment, l’engouement pour la discipline et les audiences explosent dans le pays, des académies de snooker ouvrent partout, la télévision nationale investit massivement dans le snooker et des compétitions professionnelles commencent à s’organiser localement.
Aujourd’hui, la Chine est devenue sans conteste l’un des centres mondiaux du snooker.
Avec une population de 1,4 milliard d’habitants, la Chine dispose d’un énorme vivier de jeunes joueurs qui commencent à s’imposer de plus en plus dans le circuit professionnel mondial.
Après la victoire de Zhao Xintong en 2025 et de Wu Yize en 2026 au championnat du monde, on peut se demander légitimement si l’on ne vit pas le début d’une domination chinoise dans le monde du snooker.

Des signes qui ne trompent pas

Lors du dernier championnat du monde, on comptait pas moins de 11 joueurs chinois dans le tableau final, un record historique.
Au dernier classement mondial, on retrouve deux joueurs chinois dans le top cinq mondial, Zhao Xintong (3e) et Wu Yize (4e) et 5 dans le top 16 (avec Xiao Guodong, Ding Junhui et Si Jiahui).
Le succès de Zhao Xintong au championnat du monde 2025 a été certes historique, car ce fut le premier joueur chinois vainqueur du titre majeur, mais celui de Wu Yize cette année a confirmé que ce n’était pas un exploit isolé.
Champion du monde à seulement 22 ans, deuxième plus jeune champion de l’histoire (derrière Stephen Hendry), Wu Yize semble confirmer le début d’une nouvelle ère.
Autre signe de cette domination, la présence massive de joueurs chinois dans les phases finales des grands événements, avec de plus en plus titres à leur actif.
Enfin, indicateur très important, même les légendes britanniques reconnaissent désormais la domination chinoise émergente. Après le récent titre de Wu Yize, plusieurs médias britanniques ont parlé d’une « nouvelle ère chinoise » dans le snooker mondial.

Est-ce le début du basculement ?

Pourtant, quand on regarde le classement mondial au cours de la dernière décennie, on se rend compte qu’il n’y a pas un grand bouleversement.
En 2016 par exemple, Mark Selby était numéro 1 mondial, pendant que Ding Junhui était le seul joueur chinois dans le top 16.
Judd Trump, Shaun Murphy, Neil Robertson, John Higgins, Mark Allen, Ronnie O’Sullivan, Mark Williams, Barry Hawkins et Kyren Wilson faisaient tous partie de l’élite il y a dix ans, et ils figurent toujours dans le top 16 en 2026.
Cependant, afin d’analyser au mieux les tendances futures, il semble plus pertinent de prendre en compte non pas le classement mais plutôt l’âge des joueurs. Et, dans ce contexte, il est clair que la balance penche nettement en faveur des joueurs chinois.
Parmi les joueurs du top 16, Zhao Xintong, Wu Yize et Si Jiahui ont tous la vingtaine alors que, parmi les 11 autres joueurs non chinois, trois ont la cinquantaine (Mark Williams, John Higgins et Ronnie O’Sullivan), cinq la quarantaine (Neil Robertson, Mark Selby, Shaun Murphy, Mark Allen, Barry Hawkins) et les trois autres la trentaine (Judd Trump, Kyren Wilson, Chris Wakelin).
Le temps joue probablement en faveur de la Chine, qui sait ?